Seri'nfinity

Forum Menu

Identifiant:  
Mot de passe:

Nouvelles


Pages: [1]   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Mini-Séries  (Lu 3378 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
Heather
A la Recherche des Boules de Cristal
***
Hors ligne Hors ligne

Messages: 596



Voir le profil WWW
« le: 01 Mars 2009 à 15:12:54 »

Citation
j'avais hâte d'avoir ton avis Heather
Il ne faut pas hésiter à demander, parce que je regarde beaucoup de pilotes, mais je n'ai pas toujours le temps ou la motivation de faire une brève review.  Clin d'oeil (Si Jamie n'avait pas fait son affiche sur les ours, je ne sais pas si j'aurais pris le temps de faire une review, d'ailleurs Honte )


Je crois qu'on a déjà eu cette discussion, mais on peut bien parler des mini-séries ici aussi, non ?  Unsure

Je le mets ici, si ça ne convient pas (*pas taper*  Embarrassé ), on peut peut-être créer dans cette rubrique "En direct" un topic "Mini-séries" ?  Unsure

Enfin, donc, voici une mini-série en trois épisodes. Je vous propose un bilan global (les tests des pilotes des mini-séries de trois épisodes, ça veut pas dire grand chose  Arf), mais sans spoilers hein.  Clin d'oeil


Whitechapel [Bilan]

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty

Diffusée sur : ITV (Grande-Bretagne)
Du : 2 au 16 février 2009
Durée : 3 épisodes de 45 minutes

Ca parle de quoi ?
Dans le quartier de Whitechapel, un tueur semble reproduire avec exactitude les meurtres commis un siècle plus tôt par le serial killer qui a marqué de son empreinte sanglante l'histoire criminelle du XIXe siècle, Jack l'Eventreur.

C'est avec qui ?
Rupert Penry-Jones  Bisous (Spooks), Philip Davis, Steve Pemberton.


Et alors, cette mini-série ?
Whitechapel, c'est avant tout un véritable "Ripper Tour", tant touristique, historique que criminel, qui permet de construire l'identité de la mini-série et constitue un de ses attraits majeurs, tout en contribuant à certaines des limites scénaristiques de la fiction. En effet, l'idée de recréer le mythe criminel de Jack l'Eventreur par le biais d'un tueur reproduisant méthodiquement chacun des meurtres était un concept de base suffisamment fort pour porter une partie de l'intérêt de l'intrigue, mais l'histoire a déjà été une première fois écrite. Si elle a, certes, ses interprétations discordantes, il reste que le danger était de tomber dans une simple redite modernisée, une transposition qui amoindrirait d'autant le suspense et la tension de l'intrigue. Whitechapel n'échappe pas à cet écueil qui pèse sur l'ensemble de la mini-série, où les policiers, avec toutes leurs connaissances sur les meurtres passées, semblent  invariablement -et de façon frustrante pour le téléspectateur- incapables de se détacher des mêmes errances qui avaient dérouté leur institution un siècle plus tôt. Pourtant, la mini-série se révèle comme ayant incontestablement les "qualités de ses défauts" (ou vice-versa, c'est selon). Effectivement, nous est proposée une immersion dans ces meurtres perprétés il y a 120 ans, minutieusement reproduits par un copycat qui entend non seulement répété ces oeuvres sanglantes, mais qui cherche également à recréer une ambiance similaire, égarant la police sur les mêmes fausses pistes. Tout cela s'avère intriguant, parfois glaçant -la mini-série n'hésitant pas à user et abuser du récit morbide des détails des mutilations subies par les victimes, signatures du serial killer. Si bien que l'intrigue s'oriente peu à peu vers une forme de double enquête, où l'enjeu va être de choisir la version de l'histoire de Jack l'Eventreur que le tueur actuel suit.

Cependant, les scénaristes s'avèrent incapables d'exploiter pleinement ces fondements très riches. Si elle avait bénéficié d'une écriture plus subtile et moins empreinte de cette excessivité, naïve ou maladroite, la mini-série aurait pu être excellente ; elle restera simplement une fiction policière efficace, correcte mais sans marquer son genre. Les personnages, s'ils se révèlent à terme plutôt attachants, incarnent chacun une caricature, dont les oppositions sont attendues et prévisibles. Les dialogues restent sur ces mêmes chemins parfaitement balisés, laissant peu de place à la surprise ou à la moindre originalité. Cette absence de prise de risque frustre quelque peu le téléspectateur qui aurait sans doute aimer que l'ensemble sonne un peu plus vrai. Cela manque de fraîcheur, de spontanéité. D'autant que, sur la forme, la mini-série suit une construction similaire, car c'est un peu le même reproche qui peut être fait au réalisateur. Il y a une volonté manifeste de créer une identité esthétique et visuelle propre à la mini-série. Mais cela le conduit à abuser de toutes sortes de flashs de l'assassin parcourant les rues sombres de Whitechapel, comme pour tenter maladroitement de distiller une ambiance sombre et glauque... Les efforts sont louables, mais l'objectif n'est pas vraiment atteint. Même remarque concernant la bande-son, une mélodie au piano le plus souvent, qui dénote bien la volonté de finaliser cette fiction sur laquelle la chaîne comptait (à juste titre). Mais cela conduit à une sur-utilisation pas toujours bien dosée. Les moments adéquats où la musique aurait réellement confèrer une dimension supplémentaire aux scènes se noient un peu dans l'ensemble...

Cette excessivité explique la sensation de caricature dont certains passages souffrent. Pour autant, après un début un peu poussif, le téléspectateur intègre bien les enjeux et finit par s'attacher à ces personnages, caricaturaux mais humains. Le duo, maintes fois répété à l'écran, entre un jeune responsable de l'enquête, privilégié carriériste parachuté au milieu d'un groupe uni de policiers qui ne viennent manifestement pas du même milieu social, et un vieux flic expérimenté qui regarde de haut son nouveau supérieur, fonctionne comme toute recette vieille recette bien calibrée. La frustration d'être cette route tant de fois suivie s'efface peu à peu derrière cet attachement aux personnages qui se développe. Rupert Penry-Jones incarne un personnage à des lieues de son personnage de Spooks : c'est un commissaire (DI)  coincé et maniéré, rempli d'hésitations, il navigue entre son besoin de contrôler et une volonté de s'affirmer.  A côté du duo principal, l'équipe de policiers nous offre des rôles secondaires très complémentaires, qui confèrent un certain équilibre aux relations entre les personnages.

Ainsi aidée oar cet aspect plus sentimental, Whitechapel se suit avec un intérêt jamais démenti. Certes, la mini-série n'atteint jamais l'intensité et le suspense auxquels on aurait pu s'attendre. Il y a une forme de prévisibilité inhérente au style de narration adopté et un manque de suspense du à ce format bien encadré de trois épisodes. Mais tout s'enchaîne efficacement. La narration est rythmée, l'évolution des personnages comme de l'enquête s'avère prenante. Si bien que sans marquer, c'est un bon moment que le téléspectateur passe devant son petit écran.

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty

Bilan : Si Whitechapel ne manque pas de maladresses assez frustrantes, tant sur le fond que sur la forme, mêlant excessivité et prévisibilité, il est pourtant au final assez aisé de se laisser happer dans cette histoire policière de facture somme toute très classique, mais qui bénéficie d'un concept de départ capitalisant un intérêt certain. Ayant regardé tout à la suite, cela m'a sans doute permis d'éviter certaines limites inhérentes au format en trois épisodes dans la construction de l'enquête ; mais j'ai passé une bonne soirée, de plus en plus prise dans l'atmosphère de la série au fil des épisodes.
En somme, une mini-série qui devrait convenir aux amateurs de fiction policière efficace, également à ceux que l'histoire de Jack l'Eventreur intéresse, et enfin aussi pour les fans de Spooks à qui Rupert Penry-Jones manque.  Content

« Dernière édition: 01 Mars 2009 à 15:15:51 par Heather » Journalisée

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty
Nakayomi
Etre de Lumière
Administrateur
Chasseur d'Anomalies Temporelles
**
Hors ligne Hors ligne

Messages: 11 223


Dans les Bras d'Eddie

Voir le profil WWW
« Répondre #1 le: 02 Mars 2009 à 01:09:59 »

Je crois qu'on a déjà eu cette discussion, mais on peut bien parler des mini-séries ici aussi, non ?  Unsure

Je le mets ici, si ça ne convient pas (*pas taper*  Embarrassé ), on peut peut-être créer dans cette rubrique "En direct" un topic "Mini-séries" ?  Unsure
Bon, allez, j'ai hésité, et c'est p'têt intéressant d'avoir les deux séparés... Même si je ne sais pas si on remplira beaucoup cette partie... Unsure (Surtout qu'entre les mini-séries, les mini-saisons, les mini-séries qui deviendront grandes... Rires ). Enfin, on teste quoi ! Honte


Citation
Whitechapel [Bilan]

[...]
Bilan : Si Whitechapel ne manque pas de maladresses assez frustrantes, tant sur le fond que sur la forme, mêlant excessivité et prévisibilité, il est pourtant au final assez aisé de se laisser happer dans cette histoire policière de facture somme toute très classique, mais qui bénéficie d'un concept de départ capitalisant un intérêt certain. Ayant regardé tout à la suite, cela m'a sans doute permis d'éviter certaines limites inhérentes au format en trois épisodes dans la construction de l'enquête ; mais j'ai passé une bonne soirée, de plus en plus prise dans l'atmosphère de la série au fil des épisodes.
En somme, une mini-série qui devrait convenir aux amateurs de fiction policière efficace, également à ceux que l'histoire de Jack l'Eventreur intéresse, et enfin aussi pour les fans de Spooks à qui Rupert Penry-Jones manque.  Content
J'ai envie de dire... Pourquoi pas... Mais pour une diffusion française... Honte Parce que là, comme ça... Disons que je risquerais surtout de faire la comparaison avec From Hell qui est l'une des histoires autour de Jack l'Eventreur que je connais le mieux et que je risquerais d'être un peu déçu... Pourtant, la première photo est plutôt alléchante pour l'ambiance, mais la seconde, moins... Honte (Ca doit être à cause du ton sépia pour la première ! Arf ). En fait, je ne sais pas si je vais vraiment aimer cette version moderne (un problème que je n'avais pas pour Jekyll vu que je n'avais pas de "référence" en la matière... Tire la langue).
En tout cas, les noms des acteurs et leurs têtes ne me disent à nouveau rien du tout... Embarrassé Honte
Journalisée

Heather
A la Recherche des Boules de Cristal
***
Hors ligne Hors ligne

Messages: 596



Voir le profil WWW
« Répondre #2 le: 02 Mars 2009 à 14:01:05 »

Citation
Pourtant, la première photo est plutôt alléchante pour l'ambiance, mais la seconde, moins... Honte (Ca doit être à cause du ton sépia pour la première ! Arf ). En fait, je ne sais pas si je vais vraiment aimer cette version moderne (un problème que je n'avais pas pour Jekyll vu que je n'avais pas de "référence" en la matière... Tire la langue).
Il y a la recherche de créer une atmosphère particulière, avec une couleur particulière au niveau des scènes, mais l'esthétique n'est pas pleinement réussi ; il pêche un peu par excès ou maladresse.

Pour ce qui est d'une diffusion en France, les mini-séries UK, généralement, elles attérissent soit sur le câble, soit sur Canal +.  Triste

Citation
En tout cas, les noms des acteurs et leurs têtes ne me disent à nouveau rien du tout... Embarrassé Honte
sniff
Mais c'est vrai que Rupert Penry-Jones, c'est surtout son rôle dans MI-5 qui l'a fait connaître de ce côté de la Manche.  Unsure

Bon, allez, j'ai hésité, et c'est p'têt intéressant d'avoir les deux séparés... Même si je ne sais pas si on remplira beaucoup cette partie... Unsure (Surtout qu'entre les mini-séries, les mini-saisons, les mini-séries qui deviendront grandes... Rires ). Enfin, on teste quoi ! Honte

Oki, on teste.
Non mais, pour le remplissage, ne t'inquiètes pas, au moins du côté british, il y a au moins une "mini-série" par mois (définitivement sous ce format -bon, je ne regarde pas tout, mais je ferais l'effort de reviewer ce que je regarde).
Et puis pour le mois de février, il y avait aussi Moses Jones en mini-série sur BBC2. Si je trouve le temps/courage de la reviewer d'ici la fin de la semaine... mais bon c'était moins bien que Whitechapel  Arf

Après c'est vrai que parfois, il y a des doutes sur le qualificatif "mini-série". On avisera selon les circonstances.  Unsure


Donc, pour rassurer Naka concernant la pérennité du topic (histoire que je n'ai pas provoqué la création d'un topic pour rien quand même  Embarrassé ), voici une review-bilan sur une mini-série dont je n'avais pas parlé à l'époque sur ce forum (fin décembre 2008) (il n'y avait pas de topic correspondant  Embarrassé ) qui date de décembre 2008.

C'est (encore) british, mais de Channel 4, et surtout co-production HBO (USA). Content


The Devil's Whore

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty

The Devil's Whore est une mini-série, créée par Peter Flannery, comportant 4 épisodes de 60 minutes chacun diffusée sur Channel 4 en novembre-décembre 2008 (Grande-Bretagne). Il s'agit d'une coproduction entre Channel 4 et HBO.

Ca parle de quoi ?
XVIIe siècle. Angleterre. La série nous plonge au coeur de la guerre civile anglaise, à travers le personnage intense et trouble d'Angelica Fanshawe. Petites histoires et grande Histoire se mêlent, tandis que l'on côtoie Oliver Cromwell (Dominic West), Edward Sexby (John Simm), ou encore Thomas Rainsborouh (Michael Fassbender).

C'est avec qui ?
Que du beau monde : Andrea Riseborough (Party Animals), Dominic West (The Wire), John Simm  Bisous (Life on Mars, State of Play), Michael Fassbender (Hex, Band of Brothers), Tom Goodman-Hill, Peter Capaldi (The Tick of It).

Et alors ?
La perspective d'une mini-série historique, co-produite par Channel 4 et HBO, avait suffi à attirer mon attention ; un rapide coup d'oeil sur le casting m'avait incité à noter sur mon agenda les jours de diffusion de ladite série. Non seulement, c'était l'occasion de retouver quelques "perdus de vue" depuis la fin de leur série respective, tels Dominic West (avec son vrai accent! -de Sur Ecoute) et John Simm (Life on Mars), mais le sujet traité, la guerre civile britannique au coeur du XVIIe siècle, m'était suffisamment inconnu pour aiguiser en plus une réelle curiosité.

Sur la forme, les Britanniques nous prouvent encore une fois qu'ils excellent dans la reconstitution de cette époque en costumes, en nous offrant une mise en scène à l'esthétique soignée jusqu'au moindre détail. Lumineuse, cette réalisation recrée une ambiance travaillée et donne une profondeur poétique aux tragédies qui se croisent et s'entrechoquent à l'écran. Une musique sobre accompagne ou vient exacerber l'intensité de certaines scènes, parachevant ainsi l'atmosphère et le ton du récit.

Sur le fond, certes, les épisodes (trois diffusés à ce jour) ne sont pas exempts d'une certaine inégalité. Cependant, cette ligne directrice que constitue la vie d'Angelica Fanshawe nous propose tous les ingrédients fondamentaux d'un drame historique classique, entre passions, amours, rivalités avec en toile de fond une Angleterre tourmentée par le conflit entre le Roi et un Parlement qui s'émancipent, laissant entrevoir des jeux de pouvoir inquiétants. La série commence par la vie d'Angelica à la cour, le jour de son mariage avec son cousin et meilleur ami. Un jour qui symbolise l'insouciance d'un temps passé déjà révolu, mais dont les protagonistes n'ont pas encore conscience. Le ton se noircit au fur et à mesure que le premier épisode progresse, comme Angelica se retrouve à son tour projetée dans les remous de l'Histoire. Le téléspectateur est le témoin privilégié de cette engrenage vers ce qui semble inéluctable, même si c'est au détour des petites histoires personnelles que la grande Histoire se croise. Ce n'est pas le sujet principal, mais ce sont les évènements déclencheurs qui vont bouleverser la vie des personnages.

Ainsi, au fil du premier épisode, les tensions s'exacerbent dans la société, incarnées par le polémiste John Liliburne qui enchaîne pamphlets sur pamphlets. La répression se durcit. Une étincelle suffira pour enflammer le conflit entre le roi et le Parlement. Les principaux éléments historiques permettant de comprendre les enjeux sont rapidement posés. Nous n'entrons pas dans les détails, inutiles, mais croisons les personnages aux moments clefs où leurs choix déterminent ce que sera l'Angleterre dans les années futures. A travers l'affirmation d'Angelica, sa dégradation comme sa force de ne jamais renoncer, le téléspectateur s'attache à ce personnage, où l'innocente apparence se dispute à des calculs conscients ou inconscients qui permettent de ne pas l'enfermer dans le cliché de la jolie jeune noble en détresse. Le destin tragique qui semble s'acharner sur elle concerne avant tout ceux qui gravitent à ses côtés, s'attachant et tombant sous cet indéniable charme. Qu'ils la connaissent depuis l'enfance, ou qu'ils incarnent la revendication politique d'une utopie égalitaire -"fanatique" diront certains- sous-tendant ces temps troublés, ou le romantisme d'un homme de guerre aux idéaux brisés, Angelica ne laissera personne indifférent, à dessein ou inconsciemment, elle est à la fois témoin et catalyseur de passions qui ne demandent qu'à exploser.

Le souffle du récit est cependant quelque peu inégal, suivant les épisodes. Si le téléspectateur se laisse aisément happer dans ce tourbillon personnel et historique, le lien dans l'enchaînement des différents évènements, de certaines scènes, n'est pas toujours pleinement convaincant. Il manque peut-être l'affirmation d'un fil directeur clair, qui ne s'éloignerait pas lorsque le rythme baisse. Le téléspectateur a parfois cette impression fugace que certaines scènes sont plus porteuses d'une poésie esthétique romanesque que d'une réelle avancée scénaristique, étrangement déconnectées de tout les évènements qui l'entourent. En effet, la série use et abuse de la symbolique et de la mise en scène théâtrale, toujours efficace, mais parfois un peu trop appuyée. Cependant, l'ensemble demeure convaincant dans un style à la fois classique mais à l'identité pourtant clairement affirmée. Il y a une petite étincelle qui jaillit dans cette série, allant exercer une certaine fascination sur le téléspectateur.

A travers les turbulences de l'Histoire, dans cette toile de fond qui parfois s'invite au premier plan, pour s'effacer à nouveau, c'est avant tout une histoire personnelle qui nous est contée : nous suivons le destin tourmenté d'Angelica Fanshawe, "The Devil's Whore". Etrange qualité soulignée par un surprenant élément fantastique, perdu dans ce drame historique, que sont ces visions d'un diable caricaturé qui apparaît à Angelica depuis, qu'enfant, elle a maudit Dieu de lui avoir enlevé sa mère, partie dans un couvent français. Illusion hautement symbolique aussi, tant du danger qui entoure la jeune femme que de cette malédiction tenace à laquelle son destin est à jamais lié. Une mise en exergue du contraste entre le visage angélique que la jeune femme offre au monde et les maux dont on l'accuse, à voix basse, puis devant un tribunal.

Enfin, ajoutons que le casting est à la hauteur des ambitions de cette belle mini-série, incarnant parfaitement les protagonistes de cette tragédie historique. Je garde un faible pour John Simm, figure combattante et brisée, héros romanesque qui se heurte à cette image glacée, innocente et belle, d'Angelica.

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty

Bilan : Si cette mini-série historique n'est pas dénuée de défauts, la continuité du récit étant marqué par quelques sauts narratifs et quelques longueurs. Et si on peut également lui reprocher quelques arrangements factuels avec la réalité historique [Intéressant article à lire sur le site du Guardian], l'ensemble demeure prenant.
Outre le souffle d'une tragédie historique aux bases classiques, le téléspectateur ne pourra qu'être marqué par l'indéniable beauté esthétique de la réalisation qui exerce un attrait fascinant, illustration réussie de tout ce savoir-faire britannique. Le casting prend bien la mesure de ce récit, au centre du tourbillon de l'Histoire, où se mêlent avec plus ou moins de réussite (plutôt plus que moins) tous les ingrédients des tragédies, entre passions, drames, guerres et amours.


La bande-annonce : http://share.ovi.com/media/meshelley.JohnSimmSociety/meshelley.10010
Journalisée

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty
Heather
A la Recherche des Boules de Cristal
***
Hors ligne Hors ligne

Messages: 596



Voir le profil WWW
« Répondre #3 le: 05 Mars 2009 à 22:54:35 »

Moses Jones

Avant-propos : Mini-série avec Matt Smith -futur Docteur- mais qui n'est absolument pas centrée sur lui : il n'incarne que l'un des nombreux personnages secondaires dans la galerie des protagonistes de l'histoire.

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty

Diffusée sur : BBC2 (Angleterre)
Du : 2 au 16 février 2009

Durée : 3 épisodes de 55 minutes.

C'est avec qui ?
Shaun Parkes (Harley Street), Wunmi Mosaku, Jude Akuwidike, Dennis Waterman (New Tricks) Matt Smith (Party Animals), Eamonn Walker (Oz), Indira Varma (Rome), Obi Abili, Christianne Oliveira, Tom Goodman-Hill (The Devil's Whore).

Ca parle de quoi ?
Le corps d'un homme est retrouvé mutilé dans la Tamise. L'enquête est confiée au DS Dan Twentyman. L'intrigue plongeant la police au sein de la communauté Ougandaise de Londres, le DI Moses Jones est rattaché à l'enquête, ses supérieurs espérant que ses origines pourront lui ouvrir certaines portes auprès d'immigrés Ougandais qui s'enferment dans la loi du silence. Confrontée à la peur et à la réticence de leurs interlocuteurs, la police s'intéresse de près à un nom qui revient souvent à leurs oreilles, un mystérieux Matthias.

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty

Et alors, cette mini-série ?

Moses Jones n'est pas une mini-série policière au sens strict du terme, c'est-à-dire que son attrait principal ne réside pas tant dans l'enquête policière que nous suivons au cours des trois épisodes, que dans l'immersion au sein de la communauté Ougandaise de Londres ; un monde relativement inexploré dans le petit écran, dont le meurtre commis va permettre d'ouvrir les portes en déclenchant l'enquête policière.

Si les ficelles du scénario sont très classiques, Moses Jones va trouver son originalité et, surtout, une identité propre dans cette société qu'elle choisit de mettre en scène. Loin des lieux symbolisant habituellement la capitale britannique et sans cette atmosphère british caractéristique, c'est une autre face de Londres qui nous est présentée. Une face bien plus rarement mise en avant que la mini-série a le mérite de vouloir explorer. Ainsi, c'est dans une ambiance africaine que nous nous retrouvons immergés. Dans ce métissage des cultures, où le lien avec ses origines est cultivé, les protagonistes y caressent l'espoir de toucher un jour le Graal que constitue l'acquisition de papiers britanniques. Un véritable microcosme de leur pays d'origine s'est ainsi recréé dans ce quartier londonien. Mais de leur terre natale, les immigrés n'ont pas seulement emmené avec eux leurs souvenirs, leur musique et leurs traditions. Les tragédies du passé, les blessures et les rancoeurs, ont également traversé les mers, reproduisant en Angleterre, les mêmes crispations et oppositions, entre les mêmes protagonistes. Dans ce cadre communautaire où les oppositions se jouent dans un vase-clos et où se multiplient les non-dits et les références incompréhensibles aux intervenants extérieurs, c'est la mort de l'oncle d'une jeune prostituée Ougandaise qui va précipiter un engrenage de violence et mettre à jour bien des tensions. L'impossibilité d'échapper au poids de son passé, de ses origines, semble également être un thème de réflexion pour les scénaristes, chacun réagissant aux évènements en se repliant sur des réflexes qui conduisent à l'escalade.

Ce cadre communautaire et l'exposé des forces le régulant permettent d'introduire la seconde grande thématique, malheureusement beaucoup moins bien maîtrisée sur le fond : celle de la définition de son identité par le rapport à ses origines. Si la mère de Moses Jones est arrivée d'Ouganda, ce dernier a toujours été londonien et n'a aucune réelle connexion avec le pays de ses parents, quoiqu'en pensent ses supérieurs au sein de la police qui l'assignent d'office à cette affaire en raison de ce passé, afin d'assister le DS déjà en train d'enquêter. Le cadavre atrocement mutilé et recousu retrouvé encastré dans une valise et jeté dans la Tamise, va servir avant tout de catalyseur aux évènements. Il est notre voie d'introduction dans la communauté ; il est également l'évènement qui va perturber l'équilibre fragile qui y règne. Les scénaristes nous donnent à certains moments l'impression de vouloir instrumentaliser cette affaire comme un moyen pour Moses Jones de se reconnecter avec des origines oubliées. Mais leurs priorités souffrent d'une inconstance chronique, doublée d'une maladresse un peu confuse. Ils ne parviennent ainsi pas à mêler tous les genres vers lesquels ils semblent vouloir tendre, trop ambitieux ou trop incertains sur l'orientation choisie pour la mini-série. En alternant ainsi les approches, qu'elle soit plutôt policière ou plutôt sociologique, sans trouver une réelle homogénéité, la qualité d'ensemble s'en ressent fortement. Irrégulière, la fiction alterne entre des scènes très bien écrites, caractérisant bien l'ambiance particulière de la série, et des scènes beaucoup plus rapides qui donnent l'impression désagréable d'être bâclées. De cette progression en dents de scie ressort une certaine frustration et une perte de rythme dommageable pour l'intérêt du téléspectateur. Le potentiel du concept étant pleinement perçu, mais les hésitations chroniques des scénaristes l'empêchant d'être pleinement apprécié et exploité.

Si l'intensité de la mini-série se révèle donc inégale sur le fond, en revanche, le casting est très homogène et globalement solide. Je garde quand même certaines réserves concernant l'interprétation du héros, Shaun Parkes, qui, s'il négocie bien certaines scènes, manque vraiment de présence dans d'autres. Dans la galerie des personnages secondaires, Wunmi Mosaku, qui incarne Joy, la prostituée dont l'oncle a été tué, est celle qui accapare véritablement l'écran, s'imposant progressivement comme un des atouts de la mini-série ; son personnage prenant de l'importance au fil des épisodes, elle nous en livre une interprétation convaincante. D'un point de vue plus sentimental, cela fait également plaisir de croiser diverses têtes connues du sériephile, tel Eamonn Walker dont se souvient tout fan de Oz, ou encore Indira Varma (Rome). Enfin, évidemment, puisque cette mini-série entre le cycle "A la découverte de Matt Smith", un petit mot sur ses quelques scènes dans lesquelles il assure une dynamique répartie face à Moses Jones. Son personnage n'est pas vraiment développé, mais il joue dans un registre plus grave que les autres rôles dans lesquels j'ai pu le voir. En tout cas, il parvient bien à mettre en valeur le dualisme dont son personnage fait preuve, suivant qu'il parle avec Moses Jones, ou avec son supérieur hiérarchique -il est beaucoup plus mesuré et neutre avec ce dernier ; ce qui prouve que l'acteur est capable de jouer sur plusieurs registres en les enchaînant sans sourciller. Reste qu'à l'écran, j'ai eu l'impression d'être désormais habituée à Matt Smith, aux intonations particulières de son accent, et à ses mimiques récurrentes. Mes efforts de préparation psychologique ne seraient donc pas vains !

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty

Bilan : Moses Jones est avant tout une mini-série d'ambiance qui a le mérite de nous plonger dans un Londres que l'on n'a pas l'habitude de voir mis en scène. Souhaitant manifestement s'interroger sur la question du rapport à leurs origines des immigrés, ainsi que sur les logiques régissant la reconstitution d'un microcosme communautaire, la mini-série n'atteint jamais véritablement son but, en raison d'une écriture trop inconstante. Les scénaristes ne semblent jamais avoir véritablement tranché l'orientation de leur mini-série, mêlant ces thématiques identitaires avec le fil rouge de l'enquête, de façon parfois un peu maladroite et pas vraiment homogène. Il manque quelque chose au scénario pour créer ce liant qui permettrait d'exploiter le potentiel que l'on entre-aperçoit par moments.

En somme, Moses Jones est une mini-série qui pourra intéresser ceux qui veulent découvrir une face moins touristique de Londres, ainsi que ceux qui s'intéressent à des essais de réflexion sur les dynamiques régulant une communauté sur laquelle pèse le poids d'un passé sanglant. Mais l'écriture inégale des scénaristes laissera un sentiment d'inachevé auquel il faut se préparer, comme s'ils n'avaient été en mesure d'aller  véritablement au bout de leurs idées, de leur concept.
Journalisée

forum séries, buffy, angel, kyle xy, xena, cat's eye, ugly betty
Pages: [1]   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à:  

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Ce forum protège les données personnelles en interdisant le référencement et la diffusion de ceux-ci. Ce forum protège les droits d'auteur en permettant à tout moment à un membre de signaler un contenu illicite auprès de l'hébergeur de fichier. Ce forum requiert d'avoir l'age minimum de 12 ans  XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide !
Graphisme: Alpi & Teo & Gfx Google a visité dernièrement cette page 13 Août 2017 à 13:08:08
Créer son Forum ~ Abus ~ © smfgratuit
Basé sur: SMF © Simple Machines LLC
                  Créer son Forum ~ Abus ~ © smfgratuit