Anthony DiNozzo se réveilla au milieu de nulle part, avec l'impression qu'un train lui était passé dessus et avait fait marche arrière pour bien terminer le travail. Se massant les tempes avec une ardeur toute mesurée, il ouvrit péniblement les yeux. Autour de lui, de la terre poussiéreuse, beaucoup. Un soleil de plomb écrasait ce paysage désertique d'Arizona qu'il commençait à détester avec passion. Il tourna la tête et ne vit que des naseaux. Son cheval le regardait avec étonnement. Ah oui, ça y est, ça lui revenait. Il était à la recherche d'un suspect et MacMurphy, commissaire à Baltimore, avait trouvé fort amusant d'envoyer le lieutenant DiNozzo faire une balade à cheval dans le Far West. Et le lieutenant DiNozzo déteste les chevaux.
Mais le lieutenant DiNozzo aimait beaucoup les belles femmes, en revanche. Et il dut battre des paupières plusieurs fois avant d'être sur que l'image qui avançait vers lui n'était pas une hallucination. Il se releva du mieux qu'il put et afficha son sourire mégawatt n°6 alors que la jolie brune ondulait vers lui, la mine inquiète.
Well, who are you? Who are you? Who, who, who, who?
I really wanna know! Who are you? Who, who, who, who?
Tell me, who are you? Who are you? Who, who, who, who?
'Cause I really wanna know! Who are you? Who, who, who, who? Lui dit-elle en appliquant un mouchoir de tissu blanc sur la blessure qui lui barrait le front.
Encore sonné par sa légère perte de connaissance, il lui répondit:
I'm a poor lonesome cowboy
I'm a long long way from home
And this poor lonesome cowboy
Has got a long long way to roam
Over mountains over prairies
From dawn till day is done
My horse and me keep riding
Into the setting sunSa belle voix sembla charmer la jeune femme, qui, comme hypnotisée, répéta ses paroles:
Lonesome cowboy, lonesome cowboy,
You're a long long way from home
Lonesome cowboy, lonesome cowboy,
You've a long long way to roamL'Arizona n'était pas si mal, en fin de compte. D'un geste de la main, il repoussa une boucle brune derrière l'épaule dorée de la belle demoiselle et se pencha pour l'embrasser, fermant les yeux. Elle était... Euh... mouillée, ce n'était pas très agréable, un peu trop chaud... et pas très bonne haleine non plus...
Il rouvrit les yeux. Étendu sur le sable du désert d'Arizona, mal de crane et surtout, deux gros naseaux de cheval qui lui parcouraient le visage.
L'Arizona, ça craint.
